OBJIS: le centre de formation des futurs codeurs informatiques africains

L’ingénieur franco-camerounais Douglas Mbiandou est le fondateur de la société OBJIS, un centre d’apprentissage en informatique qui a contribué à la formation continue de plus de 3000 personnes.

À travers son projet « 10000 codeurs », il rêve de faire de l’Afrique le premier fournisseur de développeurs informatiques mondial.

 

Le codage, ou programmation informatique, est la pratique qui permet l’écriture des programmes pour développer des logiciels, ou encore une page web, mais qui permet également de dire à une machine ce qu’elle doit faire. Les finalités peuvent être très diverses mais le code est le langage initial nécessaire à ces usages.

Douglas Mbiandou, chef d’entreprise de 41 ans, né à Yaoundé et arrivé à France à l’âge de 7 ans, nourrit de grandes ambitions pour l’Afrique dans ce domaine. « Nous allons résoudre le problème de l’emploi des jeunes et mettre le Continent au centre de l’attention de l’industrie mondiale du logiciel », explique t-il.

C’est en France qu’il effectue sa scolarité, diplômé de l’école d’Ingénieur INSA LYON. Une fois ses études terminées, il travaille pendant 5 ans au sein d’une multinationale du secteur du logiciel en tant qu’ingénieur Etudes et Développement. À ce titre, il effectue des missions en France, en Suisse et aux Etats-Unis, apprenant ainsi son métier de développeur d’applications. Il décide toutefois de quitter son emploi, pour réaliser le projet qui lui tient à cœur. « J’étais de plus en plus attiré par le métier de formateur et ma société n’avait pas les mêmes aspirations pour moi. C’était le déclic pour créer mon entreprise de formation, plutôt que de changer d’entreprise ».

 

Un développement progressif, en France et en Afrique

Douglas Mbiandou admet avec recul, avoir commis l’erreur de lancer Objis simultanément au Congo Brazzaville, au Sénégal et au Maroc, une erreur qu’hélas réalisent de nombreux entrepreneurs africains, portés par leur enthousiasme et leur volonté d’apporter au continent (voir notre article sur l’étude de la viabilité d’un projet avant son lancement). « C’était une erreur. Je n’avais pas les épaules pour cela. Mon enthousiasme a précédé la raison », regrette-t-il. Cela n’a bien heureusement pas empêché l’entrepreneur de poursuivre sur sa lancée et d’être aujourd’hui à la tête d’une entreprise de formation en plein essors.

Actuellement, Objis emploie deux personnes à temps plein en France et dispose d’un réseau de 20 formateurs professionnels indépendants, ainsi qu’une équipe africaine de huit personnes (quatre au Cameroun, six au Sénégal et deux en Côte d’Ivoire). Selon Douglas Mbiandou, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires annuel de près de 500.000 euros et dispose d’une base de plus de 200 clients, parmi lesquels des entreprises aussi prestigieuses que Thalès, Axa, IBM, ou encore l’Assemblée nationale française. En Afrique, Objis travaille notamment avec la BCEAO ou encore EcoBank. En outre, le site internet objis.com enregistre un traffic d’un demi-million de visiteurs chaque année, leur faisant bénéficier de tutoriels en libre accès.

 

Un entrepreneur « Afroptimiste »

Parallèlement aux activités d’Objis, Douglas Mbiandou dit vouloir impacter positivement la vie des jeunes en Afrique en leur apportant une connaissance opérationnelle dans ce secteur si porteur qu’est le numérique. « J’ai constaté au fil de mes nombreux déplacements en Afrique francophone que le nombre de développeurs compétents présents ne suffit pas. Par ailleurs, le chômage est de taille et la jeunesse plus consommatrice de technologies numérique (via Smartphone) que productrice. Notre accompagnement se concentre aujourd’hui à donner les compétences permettant de passer d’un besoin à la réalisation effective », déclare t-il, persuadé du potentiel de développement que représente cette activité sur le continent.

Si il admet volontiers faire parfois excès d’optimisme, ce qui n’est pas toujours évident dans le cadre des affaires, il sait également s’appuyer sur le soutien de ses proches et de ses associés, qui apportent un œil plus rationnel à ses idées. Son épouse déclare ainsi que « Douglas est d’abord un passionné, un visionnaire, un fonceur et il a beaucoup d’idées qui fusent de partout… Il se donne toujours à 300% dans les projets qu’il entreprend ».

Douglas Mbiandou ne manque pas de projets pour sa société. Il se consacre ainsi à la formation des 100 premiers bénéficiaires du projet 10000 Codeurs, à la recherches des financements nécessaires au reste du programme, à la création d’une plateforme de formation en ligne (pour 2018), ainsi qu’au financement des startups dont les fondateurs sont des bénéficiaires 10000 codeurs, à la manière d’un business angel. Le tout en participant à des conférences afin de partager sa vision d’une Afrique au centre de l’écosystème mondial du secteur des logiciels.

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