Baziks Pulse: le ‘Deezer africain’ qui rêve de faire danser le continent

Proposer une sélection musicale de qualité, tout en permettant de promouvoir des artistes africains indépendants ou auto-produits, tel est le défi que s’est lancé Baziks Pulse le dernier né des plateformes de téléchargement de musique. Ouverte en fin septembre 2016, la plateforme est désormais entrée dans la ligne droite de son lancement officiel. 

 

Face à la difficulté pour les jeunes artistes africains à produire leur musique, Baya Ciamala, congolais de 35 ans, fondateur de Baziks Pulse et lui-même producteur (il a notamment fait ses armes à Raga FM, l’une des plus importantes radios privées en République démocratique du Congo, en tant que directeur des programmes) a décidé de prendre les choses en main. Basiks Pulse part pourtant de loin, existant depuis six ans sous la forme d’un blog proposant du téléchargement musical en format MP3.

Encouragé par la montée en puissance du streaming et notamment par la réussite de plateformes telles que Deezer ou Spotify, il décida de se lancer fin septembre 2016, avec un positionnement très précis, promouvant les créations africaines. « C’est une sorte de Deezer ou de Spotify mais africain, destiné à donner l’autonomie aux artistes congolais et africains indépendants ou auto-produits », explique t-il ainsi.

Pour se faire, il s’est accompagné des services d’un développeur congolais, basé à Londres, chargé de la conception de l’architecture du site interne, ainsi que et de trois autres associés développeurs, chargés de sa gestion quotidienne depuis Kinshasa. On peut donc qualifier sa création de 100% africaine.

 

Promotion et distribution directe, sans intermédiaires

Bazik Pulse veut permettre aux jeunes artistes de prendre le contrôle de leur propre business, par la possibilité de créer leur compte et d’y ajouter leur créations. Les consommateurs pouvant s’abonner directement par la suite à la chaîne de leurs artiste préférés, suivant un modèle direct-to-fan.

La plateforme offre deux options à l’artiste : faire écouter ses créations aux fans directement sur le site, ou leur proposer du téléchargement.

 

Le succès n’a pas tardé pour cet ambitieux projet. Ainsi, deux mois après le lancement, la start-up a remporté le prix de « meilleur projet de musique en ligne » lors du concours Digital Lab Africa. « Ce prix nous a mis en confiance et convaincu que nous pouvons croire à nos rêves et les réaliser en Afrique », commente le fondateur.

Par la suite, Baziks Pulse a reçu une enveloppe de 3 000 dollars et bénéficiera, d’ici mars, d’un « programme d’incubation » en France comprenant un parrainage par des entreprises leaders du secteur multimédia, un mois de séjour en France dans un centre numérique et la participation à des événements multimédia. Une bonne occasion pour de nouer des contacts utiles au développement de la start-up, ainsi que de rencontrer de potentiels investisseurs.

 

Baya Ciamala voit grand pour son entreprise. Une vision à long terme qui implique de futurs investissements importants. « Il nous faudrait environ 150 000 dollars d’investissements », évalue t-il ainsi.

Dans l’attente de futurs investissements, Baziks Pulse peaufine son modèle. Au menu : repenser les sources de revenus, revoir la cible et, surtout, faire aboutir pour le mois mars 2017 une « V1 » publique du site. Les quelques centaines d’artistes et les mille utilisateurs qui expérimentent déjà l’outil ayant déjà permis à l’équipe de déceler les bugs et de les corriger.

Un partenariat a été conclu avec la start-up Maxi-Cash, créée par un jeune Congolais vivant en Afrique du Sud, spécialisée dans le système de paiement via mobile en Afrique. Des rapprochements avec des opérateurs de télécommunications sont également évoqués. En attendant, Baya Ciamala travaille d’arrache pied sur la deuxième édition de Baziks Digital Musique Conférence, un grand forum qui rassemblera en avril 2017 des acteurs du secteur de la musique congolaise et africaine. La première édition avait réuni en 2016 quelques 200 participants, qui ont évoqué ensemble les enjeux de la distribution digitale de la musique en Afrique.

Une façon de garder une longueur d’avance pour ce jeune groupe qui se veut à la pointe des dernières tendances.

You may also like

Leave a comment